Aller à l'outil
Siestina

La régression du sommeil des 4 mois

Le mot est trompeur. Rien ne régresse — le sommeil de votre bébé vient de changer de nature, et il ne reviendra pas en arrière.

Par Baptiste S., père de deux enfants

Il y a un moment, vers quatre mois, où tout se casse d’un coup. Un bébé qui enchaînait cinq ou six heures se met à se réveiller toutes les heures. On refait les mêmes gestes, dans le même ordre, dans la même chambre, et plus rien ne marche.

C’est la période où j’ai le plus douté. On cherche ce qu’on a changé, on accuse les dents, la chaleur, le lait, la crèche. On n’a rien changé.

C’est lui qui a changé.

Ce qui se passe dans sa tête

Jusqu’à trois mois, un nourrisson n’a que deux états de sommeil : agité et calme, avec un entre-deux. Il s’endort directement en sommeil agité, et il passe de l’un à l’autre sans vraiment repasser par l’éveil.

Vers trois ou quatre mois, son cerveau installe l’architecture adulte. Les stades léger, profond et paradoxal apparaissent. Il cesse de s’endormir par le sommeil agité et commence à s’endormir par le sommeil léger, comme vous.

Et surtout : entre deux cycles, il remonte désormais beaucoup plus haut. Assez haut pour se réveiller pour de bon. Assez haut pour remarquer que la pièce a changé depuis qu’il a fermé les yeux.

Le cycle d'un bébé de 4 mois, après la bascule

55 min au total, à partir de l'endormissement

Léger15 min
Profond33 min
15 min — ne pas le poser
vous pouvez le poser
  • Sommeil léger
  • Sommeil profond
  • Sommeil paradoxal

Pourquoi le mot « régression » est mal choisi

Une régression, ça sous-entend qu’on a perdu quelque chose et qu’on va le récupérer. Beaucoup de parents attendent donc que « ça repasse », comme une poussée dentaire.

Ça ne repassera pas. Le sommeil de votre bébé a définitivement changé de structure, et c’est une bonne nouvelle : c’est un progrès neurologique majeur, exactement au même titre qu’attraper un objet ou tenir sa tête.

Ce qui va s’améliorer, en revanche, c’est sa capacité à se rendormir tout seul quand il remonte entre deux cycles. Et ça, ça s’apprend.

Le point que personne ne dit clairement

Cette capacité s’acquiert au coucher du soir. Pas à 2 h du matin.

Ce que votre bébé a au moment exact où il bascule dans le sommeil, il le cherchera à chaque fin de cycle. S’il s’endort au sein, il réclamera le sein à 1 h, à 3 h et à 5 h. S’il s’endort bercé, il redemandera le bercement. Non par caprice : parce que son cerveau, en remontant à la surface, cherche à retrouver les conditions dans lesquelles il s’est endormi. Et il constate qu’elles ont disparu.

C’est pour ça que tout le monde vous parle soudain de « s’endormir seul » à partir de quatre mois, et pas avant. Avant, il n’en était pas capable. Maintenant, si.

Ce que je ferais, dans l’ordre

Une chose à la fois. La tentation, quand les nuits s’effondrent, est de tout changer en même temps : nouveau rituel, nouvelles siestes, nouveau lit, nouveau lait. C’est la meilleure façon de ne rien comprendre à ce qui marche. Un changement, une semaine, on observe.

Commencez par le coucher du soir. C’est le moment où votre bébé est le plus « prêt » à s’endormir seul, parce que la pression de sommeil est maximale. Posez-le somnolent mais encore éveillé, quand vous en avez l’énergie. Les soirs où vous n’en avez pas, endormez-le dans les bras sans culpabiliser — un soir sur deux suffit à faire progresser.

Attendez avant d’intervenir la nuit. Un micro-éveil dure parfois deux minutes et se résout tout seul. Se précipiter au premier bruit transforme un réveil partiel en réveil complet. Comptez jusqu’à soixante avant de bouger : vous serez surpris du nombre de fois où ça retombe.

Regardez les siestes. Un bébé de quatre mois qui manque de sommeil de jour a des nuits pires, pas meilleures. Trois siestes, des temps d’éveil d’environ deux heures.

Avancez le coucher. Contre-intuitif, mais c’est souvent le levier le plus rapide. Un bébé couché trop tard s’endort en dette de sommeil, et la dette fragmente la fin de nuit.

Ce qu’il ne faut pas attendre de cette période

Ne comptez pas sur une nuit complète le lendemain d’un changement. Comptez en semaines. Deux à six, en général, pour que les nuits se réorganisent — et il y aura des allers-retours.

Ne comparez pas non plus. À quatre mois, l’écart entre deux bébés du même âge est énorme, et il ne dit rien de ce qu’ils deviendront à un an. Le bébé de votre belle-sœur qui fait ses nuits depuis huit semaines n’a pas de meilleurs parents.

Le signe que ça avance

Ce n’est pas le nombre de réveils. C’est la vitesse à laquelle il se rendort.

Un bébé qui se réveille quatre fois mais se rendort en trois minutes va mieux qu’un bébé qui se réveille deux fois et met quarante-cinq minutes à repartir. C’est ce chiffre-là qu’il faut suivre, et c’est celui qui bouge en premier.

La page de cet âgeLe sommeil d’un bébé de 4 mois

Questions fréquentes

Combien de temps dure la régression des 4 mois ?

Le changement d'architecture du sommeil est définitif. La phase de nuits difficiles qui l'accompagne dure en général deux à six semaines, le temps que le bébé apprenne à enchaîner ses cycles. Si rien ne s'améliore au-delà de deux mois, parlez-en à votre médecin.

La régression des 4 mois peut-elle arriver à 3 mois ou à 5 mois ?

Oui. La maturation se produit entre 3 et 5 mois selon les enfants, et elle est parfois si progressive qu'on ne la remarque pas. Certains parents ne voient jamais de « régression » : ça ne veut pas dire qu'elle n'a pas eu lieu.

Faut-il faire du sleep training pendant la régression des 4 mois ?

C'est une décision personnelle et il existe plusieurs approches, des plus douces aux plus directives. Ce que dit la physiologie, c'est qu'à partir de 4 mois un bébé est capable d'apprendre à se rendormir seul. Comment on l'accompagne relève de vos valeurs et, en cas de doute, d'une discussion avec votre pédiatre.

À lire ensuite

Une idée par mois, pas plus

Ce que j'apprends en continuant à creuser le sujet, une fois par mois. Rien à vendre, désinscription en un clic.

Votre adresse sert uniquement à cet envoi.